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Des résultats de recherche scientifique surprenants suggèrent de nouvelles applications
Par Virginia Heffernan
Revue Nickel, mars 2008 -- Aux États-Unis, des chercheurs affirment avoir découvert
un procédé de fabrication d’alliage à mémoire de forme qui soit plus économique et plus rapide que le procédé
actuel, et qui procure un rendement énergétique supérieur. Le procédé consiste à créer davantage d’espace
entre les cristaux individuels.
La découverte, réalisée conjointement par les experts en matière de mousse à la Northwestern
University et par ceux du domaine de la mousse à mémoire de forme à la Boise State University,
consiste à convertir un alliage de nickel-manganèse-gallium en une mousse qui change de forme sous l’effet
d’un champ magnétique et qui reprend sa forme initiale lorsque le champ magnétique est inversé.
La mousse pourrait être utilisée, à titre d’exemples, pour remplacer une machine compliquée par un
mécanisme plus simple nécessitant moins de pièces, pour accroître l’efficacité de minuscules dispositifs de
contrôle des mouvements, ou encore pour mieux contrôler les émissions de moteurs à combustion en accélérant
le mouvement des soupapes.
« Les constructeurs de véhicules automobiles européens cherchent à mettre au point des soupapes dont le
mécanisme serait basé sur l’emploi d’alliages à mémoire de forme magnétique, déclare le Professeur Peter
Müllner de la Boise State University. Dans ce domaine d’application, la rapidité d’action est
primordiale. »
En effet, l’un des principaux avantages des alliages à mémoire de forme magnétique réside dans le fait
qu’ils réagissent plus rapidement que les alliages activés par la température. De plus, leur aptitude à
réagir à distance fait qu’ils pourraient être utiles dans des domaines d’application biomédicale (p. ex.,
pour ouvrir une artère à l’aide d’une endoprothèse vasculaire).
Pourtant jusqu’à maintenant, ces matériaux ont été fonctionnels uniquement sous forme de cristaux uniques,
qui sont coûteux et compliqués à développer.
C’est pourquoi l’équipe de Northwestern-Boise a entrepris de créer un matériau qui possède à peu près les
mêmes excellentes propriétés de déformation d’un cristal de nickel-manganèse-gallium, tout en évitant les
coûts élevés ainsi que les dépenses de temps et d’énergie qu’il faut pour produire des cristaux
individuels.
Afin d’atteindre cet objectif, le Professeur David Dunand et
M. Yuttanant Boonyongmaneerat, Ph. D., du département de science et génie des matériaux (Materials
Science and Engineering Department) de la Northwestern University, ont versé de l’alliage de
nickel-manganèse-gallium en fusion dans une pastille poreuse de poudre d’aluminate de sodium. Le nickel
constituait plus de la moitié du matériau en fusion. Après la solidification du métal, les chercheurs ont
lessivé l’oxyde dans de l’acide, ce qui a laissé de grands espaces vides dans l’alliage.
La mousse métallique qui résulte du procédé ressemble à un morceau de tire-éponge, où les cristaux
individuels peuvent se déplacer. Dans du métal polycristallin ordinaire, les cristaux se développeraient dans
différentes directions sous l’effet d’un champ magnétique et annuleraient mutuellement leurs mouvements.
Lorsque le Professeur Müllner et M. Markus Chmielus, étudiant de troisième cycle, ont exposé la mousse à
un champ magnétique, ils ont découvert qu’elle se déformait de 0,12 %, ce qui représente un résultat
considérablement inférieur au taux de déformation d’un cristal individuel, mais demeure remarquable,
puisqu’il est soixante fois supérieur à ce qui avait été observé auparavant dans du métal polycristallin.
« Les résultats ouvriront de nouvelles avenues de recherche axées sur les applications industrielles »,
déclare le Professeur Müllner.
Le principal concurrent de la nouvelle mousse métallique est le Terfenol D, un autre alliage
ferromagnétique qui avait été mis au point aux fins d’application militaire dans des sonars. Le matériau
convertit un champ magnétique en puissance mécanique, mais possède un taux de déformation maximum d’environ
0,12 %. Si
M. Dunand et le Professeur Müllner pouvaient obtenir un meilleur résultat en explorant les possibilités de
leur nouvelle mousse, ils pourraient bien obtenir un matériau de remplacement efficace, à la fois plus léger
et moins coûteux, destiné à des applications telles que les actionneurs et les capteurs
magnétomécaniques.
Virginia Heffernan est une collaboratrice scientifique indépendante établie à Toronto.
ILLUSTRATIONS : Boise State University

Dr. Peter Müllner
Director, Boise State Center for Materials Characterization
Associate Professor of Materials Science and Engineering
Boise State University
1910 University Drive, MS 2075
Boise, ID 83725
États-Unis
Téléphone : 1-208-426-5136
Télécopieur : 1- 208-426-2470
Adresse électronique : petermullner@boisestate.edu
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