LA REVUE SPÉCIALISÉE CONSACRÉE AU NICKEL ET À SES APPLICATIONS
juin 2008
volume 23, numéro 3
|
 |
 |
|
|
|
|

En Europe, la demande de véhicules hybrides pourrait représenter 15 % des ventes, d’ici 2020
Par G. Crawford, Ph. D.
Revue Nickel, juin 2008 -- Vous voyez probablement plus de voitures hybrides dans
les messages publicitaires que sur la route. On peut reconnaître la Prius de Toyota et de nombreux
autres modèles sont à divers stades du développement et de la commercialisation. Pourtant, en général, on
considère non seulement que les voitures hybrides ne peuvent pas sérieusement faire concurrence aux véhicules
traditionnels, mais aussi qu’elles sont plus coûteuses que ces derniers.
Cette perception est en train de changer.
En conséquence de la hausse des prix de l’essence, de l’établissement de normes rigoureuses visant les
émissions polluantes, de l’amélioration constante des technologies et des paramètres de rendement, en plus de
l’instauration d’incitatifs fiscaux alléchants, les voitures hybrides gagnent peu à peu leur part du marché,
plus particulièrement en Europe. Et les produits de nickel favorisent cette popularité croissante.
Selon une étude effectuée en 2007 et commandée par le Nickel Institute sur l’importance du nickel
dans l’économie des États-Unis, plus de 50 000 voitures hybrides ont été vendues au États-Unis en 2006. D’ici
2015, on s’attend à ce que le marché des hybrides attire de 4 à 5 % de toutes les ventes de voitures neuves.
Une telle proportion représente environ 920 000 véhicules, dont les deux tiers seront équipés de piles à
hydrure métallique de nickel (NiMH). L’Union européenne (UE) produit à peu près le tiers des voitures neuves
à l’échelle mondiale et d’ici 2020, la part du marché des véhicules hybrides devrait tripler pour atteindre
15 % des ventes.
Tous ces changements sont très significatifs pour l’industrie du nickel.
On parle de voitures à hybridation minimale, légère ou complète, selon la capacité de la pile du groupe
motopropulseur du véhicule par rapport au moteur à combustion interne. Dans une voiture à hybridation
minimale, la pile, généralement une batterie d’accumulateur au plomb, ne sert que d’auxiliaire. Étant donné
que le rôle considérable ou dominant que jouent les piles dans les voitures à hybridation lègère et complète
requiert une capacité d’accumulation d’électricité, une quantité d’énergie, une efficacité et une capacité de
recharge accrues, on utilise des piles NiMH dans ces véhicules.
En comparaison avec d’autres types d’accumulateurs, une pile NiMH procure de 30 à 50 % de plus d’énergie
par unité de poids qu’une batterie d’accumulateur au plomb et elle dure de 8 à 10 ans, plutôt que de 2 à 3
ans comme c’est le cas pour une pile traditionnelle. De plus, une pile NiMH peut être rechargée plusieurs
milliers de fois sans qu’il soit nécessaire de l’épuiser auparavant.
Le nickel est utilisé à la fois dans les anodes et les cathodes des piles NiMH. La cathode est faite d’un
alliage spécial de nickel tel que le nickel-lanthane (LaNi5) ou de nickel-zirconium
(ZrNi2), alors que l’anode est constituée d’une plaque contenant de l’hydroxyde de nickel
(Ni(OH)2). En d’autres mots, le nickel est une composante essentielle et substantielle des piles
NiMH.
Des innovations connexes intégrées à des moteurs électriques, de l’électronique de puissance, des systèmes de
gestion de l’énergie, des systèmes de freinage et des composantes électriques auxiliaires procurent des
avantages supplémentaires.
Étant donné que les voitures hybrides ont un meilleur rendement énergétique que les véhicules à combustion
interne traditionnels, elles produisent moins d’émissions, non seulement de dioxyde de carbone
(CO2) mais aussi de monoxyde de carbone (CO), de monoxyde d’azote (NOx) et de divers
hydrocarbures. Elles sont également plus silencieuses, parce que leur moteur interne fonctionne moins que
celui d’un véhicule courant.
Les voitures hybrides sont fermement établies sur le marché et le nickel joue un rôle primordial dans
l’accroissement de leur popularité.
M. G. Crawford, Ph. D. est expert-conseil auprès du Nickel Institute et est établi à Mississauga
(Ontario).
ILLUSTRATION : Toyota
|