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M. Christian Schlekat, Ph.D. fait la lumière sur l’écotoxicologie du nickel
par Virginia Heffernan
Revue Nickel, juin 2007 -- Pour les groupes de recherche parrainés par l’industrie,
le fait de changer les façons de penser aux niveaux supérieurs de la réglementation de l’environnement
constitue un défi. Pourtant, c’est précisément ce qu’a fait
M. Christian Schlekat, Ph.D., (se prononce « shlè-quot »), avec l’aide de son équipe de la Nickel
Producers Environmental Research Association (NiPERA), après avoir surmonté le scepticisme initial.
Par la gestion de projets de recherche scientifique objectifs et jugés par les pairs, la NiPERA, une
division du Nickel Institute, a convaincu l’organisme de réglementation, le Danish
Rapporteur, que les concentrations de nickel qu’il considère « sécuritaires » dans les eaux naturelles
et les sols, sont en fait trop modérées, selon les dernières réalisations scientifiques. Le Danish
Rapporteur évalue le risque relié au nickel pour le compte des pays membres de l’Europe.
En décembre 2006, des travaux de recherche parrainés par la NiPERA on incité les autorités danoises à
approuver des taux de concentration de 5 à 29 microgrammes par litre (µg Ni/L) pour le nickel dans l’eau, ce
qui représente une augmentation par rapport au niveau de 1.3 µg Ni/L qui avait été proposé à titre de
concentration à effet nul prédit (Predicted No Effects Concentration, PNEC). De la même façon, les
concentrations acceptables de nickel dans le sol sont passées au niveau de 4 à 97 milligrammes par kilogramme
(mg Ni/kg), alors qu’elles étaient limitées à 0,8 mg Ni/kg. Ces nouveaux seuils, qui dépendent de la
composition de l’eau ou du sol en question, figureront dans une loi de réglementation qui entrera bientôt en
vigueur pour l’Union européenne.
« La relation et la confiance que nous avons établies avec le Danish Rapporteur nous ont permis
d’arriver où nous en sommes aujourd’hui », affirme M. Schlekat, qui gère le programme environnemental de la
NiPERA et qui considère l’élaboration de la méthode d’évaluation du risque comme étant l’une des principales
réalisations de sa carrière, jusqu’à maintenant. « Lorsque nous avons terminé les volets concernant l’eau et
le sol, en décembre 2006, nous avons ressenti une immense satisfaction. »
M. Schlekat est né à Princeton (New Jersey, États-Unis), en 1964. Alors qu’il était tout jeune, il
s’intéressait déjà à la nature et, plus précisément à l’effet de la pollution sur celle-ci. Bientôt, il était
déterminé à transformer cette passion en carrière, même si le domaine n’était pas encore établi.
« Je devais lutter pour donner un contexte à mes ambitions, parce que quand j’étais jeune, la toxicologie
environnementale n’était pas une discipline définie, affirme M. Schlekat. Elle a grandi en même temps que
moi. »
Loin de se décourager, M. Schlekat a entrepris des études universitaires de premier cycle en sciences de
la vie et a obtenu un baccalauréat en biologie avec sujet mineur en chimie de la Case Western Reserve
University, à Cleveland (Ohio, États-Unis), en 1986. Il a poursuivi ses études en biologie marine et en
biochimie au niveau de la maîtrise et a reçu un doctorat dans le domaine des sciences de la salubrité de
l’environnement de la University of South Carolina.
« C’est seulement après ma maîtrise que j’ai compris qui définissait le domaine, se rappelle M. Schlekat.
Ensuite, les choses ont évolué beaucoup plus rapidement. »
Il prend maintenant plaisir à transmettre ses connaissances et ses valeurs en faveur de l’environnement à
ses enfants, Katrina, 5 ans et Donovan, 3 ans. Son passe-temps favori est de marcher avec eux le long des
plages de la Caroline du Nord, tout en leur montrant et en leur expliquant les diverses formes de vie qui s’y
trouvent.
Toutefois, le défi est considérable lorsqu’il s’agit d’expliquer le devenir et les effets du nickel dans
le milieu, à des autorités réticentes chargées de la réglementation. Il faut bien connaître les rouages de
l’évaluation des risques et les ramifications de l’écotoxicologie du nickel, tout en sachant cerner les
manques de données. C’est là que M. Schlekat excelle.
Par exemple, il a réussi à influencer les organismes de réglementation de l’Union européenne en leur
montrant que la biodisponibilité n’était pas intégrée dans l’évaluation des risques du nickel et en mettant
au point un moyen de remédier à cette omission.
La biodisponibilité constitue un aspect important parce que les eaux et les sols divers ont des taux de
tolérance au nickel qui diffèrent selon leur composition chimique. Par exemple, l’argile absorbe le nickel
beaucoup plus facilement qu’un sol sableux, ce qui rend ce dernier moins convivial pour les plantes et les
autres organismes. Les nouveaux taux de concentration à effet nul approuvés reflètent cette réalité et
permettent qu’une plus grande quantité de nickel s’accumule dans l’argile que dans le sable.
« C’est un peu comme d’établir des limites de vitesse pour les automobiles, affirme M. Schlekat. Le
principe fondamental consiste à protéger les conducteurs quel que soit le genre de route; pourtant, tout le
monde reconnaît qu’il est possible de conduire vite sur une autoroute et d’y être plus en sécurité que sur
une rue de la ville. »
Grâce à cette méthode tenant compte de l’écologie de chaque région dans le contexte de la réglementation,
on peut utiliser des données sur la composition chimique, prélevées de systèmes écologiques typiques aux eaux
de surface et aux sols de l’Europe, pour déterminer des niveaux de concentration de nickel destinés à
d’autres systèmes réels présentant des compositions chimiques semblables.
« Il s’agit d’une percée dans le domaine de la réglementation aux États-Unis, déclare M. Schlekat. Cette
méthode permet aux autorités régionales de déterminer des limites sécuritaires de concentration de nickel qui
soient appropriées à la nature chimique de leurs milieux respectifs. »
Il insiste toutefois sur le fait que l’évaluation des risques dans les pays européens devrait être perçue
non pas comme un fait accompli, mais plutôt comme le cadre préliminaire de travaux qui sont en cours aux
échelles locale et internationale.
L’évaluation aura des conséquences immédiates en matière de réglementation de l’environnement, mais elle
prépare simplement la voie en vue d’une nouvelle politique concernant les produits chimiques en Europe. Les
résultats de l’évaluation intitulée Existing Substances Risk Assessment seront communiqués
mondialement par l’entremise de l’Organisation de coopération et de développement économiques.
« Les outils créés dans le cadre de l’évaluation des risques seront utiles à l’échelle mondiale, affirme
M. Schlekat. Le défi consiste à communiquer la nature technique de ces outils à d’autres organismes chargés
de réglementation et à modifier les paramètres en fonction des différences propres à chaque région, sur le
plan des politiques comme sur celui de l’écologie. »
Virginia Heffernan est une collaboratrice scientifique indépendante établie à Toronto.
ILLUSTRATIONS : M. Christian Schlekat, Ph.D

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