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« Métal lourd » ne signifie pas nécessairement « toxique »

La revue spécialisée consacrée au nickel et à ses applications

juillet 2006
volume 21, numéro 4


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Le fait de classer le nickel parmi d’autres soi-disant « métaux lourds » nuit grandement à un élément qui est essentiel à de nombreux alliages utiles
Par Virginia Heffernan

Revue Nickel, juillet 2006 -- L’absence d’une définition claire pour l’expression « métal lourd » et son usage courant à titre de substitut de « substance toxique » continue de créer de la confusion au sein du débat public.

Autrefois utilisé pour décrire un gros canon, le terme possède aujourd’hui au moins 38 définitions différentes, selon l’ouvrage intitulé « ‘Heavy metals’ – a meaningless term? », un rapport de l’Union internationale de chimie pure et appliquée (UICPA). Les définitions de « métal lourd » peuvent faire référence à n’importe quoi, depuis la densité et le poids ou numéro atomique, jusqu’aux propriétés chimiques ou à la toxicité. Par conséquent, les listes de « métaux lourds » peuvent différer d’un ensemble de règlement à l’autre. Souvent même, on utilise le terme sans spécifier à quels métaux il s’applique.

« Ce qui est surprenant, c’est la persistance du terme et de son usage dans la documentation, les politiques et règlements, faisant référence à une variété de définitions, ce qui sème la confusion, brouille la communication et engendre une perte considérable de temps et d’argent sous forme de débats sans issue », écrivait M. J.F. Duffus, auteur du rapport de l’UICPA, qui a été publié dans le volume n° 74 de Pure and Applied Chemistry en 2002. Et sa plainte sonne encore juste.

« On a tendance à croire que tous les "métaux lourds" et leurs composés ont un aspect toxique, ce qui est une fausse idée, affirme M. Bruce McKean, directeur, Stewardship and Sustainable Development (développement durable et intendance) pour le Nickel Institute. Pratiquement toute substance devient toxique à un certain niveau, poursuit-il parce que la toxicité dépend de la dose. » Et simplement parce qu’un métal est dense ou "lourd" ne signifie pas qu’il soit potentiellement plus toxique qu’un métal relativement "léger". »

Le béryllium, par exemple, est un métal de faible masse atomique dont le potentiel toxique est élevé; par contre, le fer possède une masse atomique presque aussi élevée que celle du nickel mais un faible potentiel toxique. Parallèlement, parmi les métaux à masse atomique élevée, le cadmium, le mercure, le plomb et l’uranium sont potentiellement très toxiques, alors que l’or, l’indium et le niobium le sont peu (voir le tableau ci-dessous). En définitive, ce n’est pas la masse d’un métal qui détermine si ce dernier est toxique ou non à des expositions de masse équivalentes.



Selon M. Duffus, lorsqu’on classifie des métaux en fonction des résultats d’évaluations de toxicité, il faut également tenir compte de la biodisponibilité, c’est-à-dire le degré de disponibilité auquel une substance peut être absorbée par des organismes biologiques.

Il s’agit d’un aspect important étant donné que la quantité de métal absorbée dans le corps ne peut pas dépasser celle qui est disponible aux fins d’absorption. La disponibilité est déterminée par la libération (corrosion) d’ions métalliques de la surface d’un objet de métal. De toute évidence, si un enfant avale une pièce de cinq cents (faite de nickel), ce n’est pas la pièce en entier qui sera absorbée dans le sang, mais seulement une certaine quantité des ions qui seront corrodés et libérés de la surface de la pièce dans l’estomac.

M. Duffus avait supposé que le terme « métal lourd » deviendrait vite dépassé parce qu’il n’avait plus de signification uniforme. Pourtant quatre ans après la rédaction du document, l’expression est encore largement usitée et la tendance à classer les groupes de métaux purs selon la masse atomique semble incrustée malgré le fait qu’elle soit erronée.

L’auteur du rapport suggérait que les métaux soient classés selon la position de chacun dans le tableau périodique, où des éléments sont groupés en fonction de leur réactivité chimique et, par association, de leur comportement dans l’environnement. Selon M. Duffus, une classification plus précise regrouperait les éléments métalliques selon l’acidité de Lewis ou la charge positive, qui détermine l’interaction de chacun avec les écosystèmes.

Virginia Heffernan est une collaboratrice indépendante établie à Toronto.

ILLUSTRATIONS : Tim Pelling pour le Nickel Institute

 


Duffus, J. F., ‘Heavy metals’ – a meaningless term?, International Union of Pure and Applied Chemistry (IUPAC), Pure and Applied Chemistry, Vol. 74, 2002


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