Les alliages au fil des décennies
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La revue spécialisée consacrée au nickel et à ses applications |
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LES ALLIAGES DE NICKEL jouent un rôle essentiel dans le traitement de l’eau de procédé, dans l’industrie pétrolière. Ci-dessus, le chantier du projet d’extraction de bitume de Suncor Énergie, dans le Nord de l’Alberta (Canada). |
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Chaque industrie connaît des moments clés, qui sont souvent influencés par l’innovation technologique. Mais parfois, ce sont des événements politiques, sociaux ou environnementaux qui déterminent la direction d’une industrie. L’achèvement prochain de l’évaluation que mène l’Union européenne sur les risques associés au nickel est l’un de ces événements.
Dans ce même ordre d’idées, nous avons récemment reçu une demande d’un client qui nous demandait de retracer l’évolution des alliages de nickel au cours des soixante dernières années. Nous avons donc fait appel à M. Don Tillack, l’un de nos experts-conseils américains en matière de métallurgie, qui nous a fourni le sommaire chronologique suivant :
Les années 1940 – La percée la plus importante qui a marqué cette époque, en ce qui concerne les alliages de nickel, est probablement l’invention de l’acier N07750, qui a permis d’effectuer les premiers essais d’aéronefs conçus pour résister aux températures élevées et aux fortes contraintes qui existent à l’intérieur des moteurs à réaction requis pour les vols supersoniques.
Les années 1950 – Au cours des années 1950, on a mis au point l’alliage N08800 à faible teneur en nickel, justement parce que ce dernier était rare pendant la guerre de Corée. Par la suite, le nouveau matériau a été utilisé dans bon nombre d’applications, pour une multitude d’industries.
Les années 1960 – La plus importante réalisation de cette décennie à été le superalliage N07718 qui peut être durci par vieillissement. Les fabricants de turbines à gaz l’ont vite adopté pour l’utiliser dans les composantes de moteurs exposées à de hautes températures. Ce matériau est encore largement utilisé de nos jours dans ces mêmes applications. Il représente environ le tiers du poids du moteur dans toutes les turbines à gaz fabriquées en Amérique du Nord.
Les années 1970 – Dans les années 1970, on a assisté à l’introduction de la mise en alliage mécanique (mécanosynthèse). Le matériau le mieux réussi au moyen d’un tel procédé était l’alliage N07754. On l’employait pour les turbines à gaz utilisées dans les avions de combat à réaction, en raison de sa grande résistance aux températures élevées.
Les années 1980 – Continuant sur la lancée qui avait donné lieu au raffinage des alliages nickel-chrome-molybdène visant à accroître leur résistance à la corrosion, M. Haynes introduisait, à cette époque, l’alliage N06022.
Les années 1990 – Au cours de ces années, on a assisté au perfectionnement de nombreuses compositions d’alliages et au raffinage plus poussé d’alliages destinés à des procédés de fonderie de pointe, tels que la production de monocristal.
Ces faits saillants illustrent la perception d’un seul spécialiste en matière d’alliages haute température quant à l’industrie. Ils démontrent à quel point, les besoins sur le plan militaire ont stimulé l’innovation, et ce, depuis le début. Ce qui est encourageant c’est que de nos jours, les considérations liées à l’environnement et à la qualité de vie constituent également des éléments de motivation. Par exemple, l’annonce de la page cinq concernant un nouveau superalliage démontre clairement que les alliages de nickel ont un rôle à jouer pour ce qui est d’accroître l’utilité d’une ressource limitée et de réduire la pollution. Par conséquent, on pourrait très bien se souvenir de la décennie actuelle comme de celle où les exigences réglementaires ont commencé à influencer l’innovation dans l’industrie des alliages de nickel. Si nous devions consulter M. Don Tillack dans cinq ans, son sommaire de la présente décennie pourrait se lire comme suit :
Les années 2000 – Au début du 21e siècle, le développement des alliages subissait l’influence d’une attention particulière prêtée à l’effet de l’activité humaine sur la planète et la santé des populations. Qu’il s’agisse du Protocole de Kyoto ou de l’évaluation de l’Union européenne portant sur les risques associés au nickel, le climat dans lequel on concevait des alliages a changé à cette époque. Il fallait prendre en compte à la fois les avantages reflétant les marchés et les défis posés par la réglementation.
L’un des résultats que l’on s’attend à voir découler de l’évaluation de l’UE sur les risques associés au nickel sera l’établissement de nouveaux règlements en matière de santé au travail. Tout au long de la chaîne d’approvisionnement en nickel, on devra veiller à ce que la société comprenne bien les avantages des matériaux à teneur en nickel, pour assurer que l’équilibre soit maintenu. Cette vigilance nécessitera une action concertée axée sur des communications coordonnées, et ce, à tous les niveaux de la chaîne d’approvisionnement en nickel.
Afin de vous aider à en apprendre davantage au sujet de cette question importante, le Nickel Institute maintient un site Web que nous vous encourageons à visiter à l’adresse suivante : www.nickelforum-eura.org
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Rédacteur en chef



